La pile de Bagdad

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LA PILE DE BAGDAD

 

 

En 1936, une mystérieuse poterie est découverte lors de fouilles archéologiques à Bagdad. Tout dans sa structure évoque une pile, un dispositif destiné à créer un courant électrique.

Seul problème : l’objet date d’il y a plus de 2000 ans!

 

LA PILE

 

D’une hauteur de 15 cm, avec un diamètre supérieur d’environ 7.5 cm, l’objet se présente comme une simple poterie à première vue.

Seulement, l’intérieur est muni de divers éléments montés en série de façon très savante.

Le vase lui-même est en terre cuite, matériau non conducteur. Un bouchon vient en sceller le fond, lui même tapissé d’un isolant en bitume.

Là où l’objet devient interessant, c’est qu’il possède également en son coeur une tige de fer que vient entourer une autre tige, mais en cuivre.

Un bouchon de bitume venait fermer le haut de la poterie, la rendant hermétique.

 

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Mais quel rapport avec une pile?

C’est à Alessandro Volta qu’on devra cette découverte en 1800 : deux métaux différents plongés dans un électrolyte produisent un courant électrique.

 

LE PRINCIPE DE LA PILE

Simplifions au maximum… L’un des éléments d’une pile « donne » des électrons par oxydation (le – de la pile, l’anode) ; l’autre les « absorbe » par réduction (le +, la cathode).

C’est cette réaction d’oxydoréduction, liée au mouvement des électrons, qui produit le courant électrique.

Mais pour que cela fonctionne, il faut plonger ces deux éléments dans un milieu dit électrolyte, qui va permettre le transport des ions. Un élément salin ou alcalin…

Or, certains électrolytes sont très faciles à trouver. Du jus de citron, du jus de pomme, du bicarbonate de soude, du carbonate de potassium, ou même du vinaigre blanc!

Et justement, si on ajoute un électrolyte à cette étrange poterie, elle délivre du courant!

 

 

POLEMIQUE

 

La polémique majeure concernant la pile de Bagdad vient de son utilisation supposée, liée à son très faible potentiel électrique (de l’ordre de 0.5 à 1 Volt).

L’archéologue autrichien Wilhelm König, qui a redécouvert l’objet dans un musée, est persuadé qu’il servait à dorer des objets métalliques.

Problème : il aurait fallu pour cela disposer de sels d’or en solution.

Or, ce n’est qu’au moyen-âge qu’on a développé les techniques permettant de dissoudre les sels d’or. L’or n’était alors connu que sous forme de pépite ou soudé à d’autres minerais.

Impossible de l’extraire, donc, et d’en obtenir une version « liquide »…

De plus, ce n’est qu’en 1837 que le procédé de galvanoplastie (le fait de dorer des objets de cuivre via l’application d’un courant électrique sur des sels d’or) est officiellement breveté.

Certains historiens pensent cependant que les Egyptiens l’utilisaient déjà il y a 3000 ans, ce qui rendrait la pile de Bagdad parfaitement crédible…

Mais, car il y a un mais, le faible courant délivré rendrait la dorure incroyablement difficile, et très lente. Et sans doute très irrégulière…

 

 

L’AMPOULE DES PHARAONS

 

Un bas-relief du temple de Denderah, construit dans les années – 2200, intrigue les spécialistes, et fait courir les plus folles rumeurs.

 

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On y voit deux hommes, probablement des prêtres, adossés à des dispositifs géants ressemblant à s’y méprendre à de gigantesques ampoules… La pile de Bagdad aurait-elle pu servir à les alimenter?

 

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Aussi étrange que cela puisse paraître, la réponse pourrait être oui!

En mettant des piles de ce type en batterie, on pourrait augmenter leur production électrique, assez pour alimenter un dispositif gourmand en énergie.

 

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Exemple qui vous parlera sûrement : vous mettez deux piles dans votre télécommande, car une seule ne suffirait pas!

Mais, (hé oui, il y a toujours un mais!), des ampoules dans l’Egypte Ancienne? Et quel rapport avec Bagdad?!

 

 

L’ENIGME DE L’ECLAIRAGE DES PYRAMIDES

 

Malgré toutes les reconstitions effectuées, aucun spécialiste n’est parvenu à comprendre comment les architectes Egyptiens étaient parvenus à graver des hiéroglyphes aussi parfaits au fin fond des pyramides…

Même avec un jeu de miroirs, se renvoyant l’un l’autre la lumière du soleil, la qualité de l’éclairage baisse tellement qu’il devient impossible de distinguer quoi que ce soit au-delà de 100 mètres environ.

Et, cela non plus on n’a jamais pu l’expliquer, on n’a trouvé aucune trace de suie, de cire ou de charbon sur les murs des sépultures les plus profondément enfouies des Pharaons.

Les scribes n’ont donc pas utilisé de miroirs (car cela ne fonctionnait pas), ni de lampes (pas de suie), ni de bougies (pas de cire)…

Alors quoi? Pourquoi pas des ampoules!

 

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D’autant que d’après les égyptologues, ces « ampoules » seraient en réalité des symboles phalliques (des sexes masculins, quoi!). Petit problème : le temple de Denderah est voué au culte de la déesse Hathor, déesse de l’amour représentée sous les traits d’une… vache!

Difficile d’y voir un symbole phallique, n’est-ce pas?

 

TRANSFERT DE TECHNOLOGIE?

 

Et Bagdad dans tout cela?

On imagine que la technologie des Egytpiens s’est perdue au fil du temps. Ainsi que leur histoire ou la connaissance des hiéroglyphes. Cette technique de production de courant, potentiellement utilisée à cette époque, aurait pu être redécouverte, ou sauvegardée par des « émigrés ».

D’un point de vue date, ça pourrait concorder!

 

CONCLUSION

Difficile de se prononcer sur cet objet…

D’un côté, l’absence de câbles et de liquide électrolyte empêche la « pile » de fonctionner. Mais le temps aurait pu les faire disparaître…

De la même façon, on peut s’interroger sur l’utilité d’une pile à une époque où rien ne fonctionnait à l’électricité

Mais d’un autre côté, comment affirmer qu’un objet qui possède toutes les caractéristiques d’une pile n’en soit pas une?

La question à poser n’est donc pas tant qu’est-ce-que cet objet, mais plutôt, à quoi pouvait-il bien servir?!

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